L'évidence des confidences

30/01/2021

L'évidence des confidences

J'ai tant aimé écrire les confidences d'une confinée... Ça a commencé en un claquement de doigt. C'était une évidence, il n'y avait aucun doute. Je devais écrire tout ce méli-mélo de mots emmêlés dans des secrets. Je t'ai écrit, écrit, et je t'ai même parfois un peu perdu en route. Mais, je m'en fichais, je traversais la tempête et m'abritais sous les mots. Je tentais d'esquisser un arc-en-ciel à l'horizon de tout ce bordel, de dessiner un sourire pour l'avenir, en jonglant avec mes souvenirs essentiels.

Mes confidences c'était un peu ma thérapie. Une thérapie à partager. Tu m'as aidée, lecteur, toi qui me lisais en diagonale, en pointillés, à l'endroit, à l'envers, pour de vrai, pour de faux. T'écrire tous ces secrets m'a fait traverser la tempête, en jetant un œil en avant pour caresser l'espoir, et un autre en arrière pour flatter ma nostalgie. (Oui, je me payais un sacré strabisme intérieur, à lancer mes yeux dans des directions opposées.)

Oui, toi, lecteur, tu m'as aidée et stimulée. Et même si tu étais silencieux, je savais que tu étais là. Un peu comme un psy qui attend silencieusement que sortent les maux. Souviens-toi, grâce à toi et aux confidences, j'ai trompé l'ascenseur de la vie. J'ai feint le bonheur, j'ai raconté mes joies passées pour être heureuse de nouveau. Alors, merci. Tu as été un super thérapeute, et gratos en plus. (Dis, c'était bien gratos, hein ?)

Voilà, malgré moi, ma lubie "confidences" s'est éteinte. Qu'elle repose en paix. La fin était, comme le début, une évidence...

Et puis, il faut bien se l'avouer, avec tous ces rebondissements, ça devient sacrément casse-pompon de trouver des nouveaux titres pour chaque nouveau chapitre de la tempête : "Confidences d'une confinée", "Des confidences déconfinées", "Reconfinée, redéconfinée"...

Cette lubie littéraire s'achève à son tour. Comme la flûte, le piano, les rollers, la poésie morbide, les sketchs naïfs, les roues dans tous les sens, et le djembé.

Je continuerai toutefois à partager avec toi ce que je pianote. (Sur mon clavier d'ordi, pas sur mon piano. Il est retourné au garage maintenant que j'ai réalisé mon objectif : jouer "Hey Jude" à une main et à contretemps.) Je t'enverrai des esquisses de nouveaux projets, et peut-être quelques redif'. Oui, je partagerai mon futur et mon passé, avec des textes dans lesquels je prône l'importance de l'instant présent. (Je ne suis pas contradictoire, non, bien au contraire, je suis plutôt contradictoire.)

Je fais tomber le rideau sur les confidences. Le spectacle de mes secrets s'achève. Je tire ma révérence, et aussi mon chapeau à ceux qui m'ont lue, corrigée, encouragée. Je te salue Marie (pas la vierge, non, mon agent littéraire pour de faux qui a bossé tout ce temps pour de vrai.) Je te salue lecteur fidèle ou infidèle.

Oulala, tout ça pour te dire au revoir, à bientôt. Prends soin de toi. Force, amour et humour.

Et si c'est trop difficile dans le présent, n'oublie pas : un œil droit devant, et un œil en arrière. On se cogne partout, tout le temps, mais ça fait parfois moins mal au présent.

(Tu as été mon psy gratos, je te dois bien un conseil, même s'il est louche.)